Le temps, l’horloge

Essai de poésie en points.

Article mis en ligne le 15 juin 2015
dernière modification le 3 juillet 2015

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Le Temps l’horloge est la dernière pièce composée par Henri Dutilleux en 2007 et dont la création se fera en 2007 et, pour la version complète, en 2009 avec la mélodie sur le poème en prose de Baudelaire « Enivrez-vous ». Interprétée par René Flemming et, si je ne me trompe, pas l’Orchestre national de France sous la direction de Seiji Ozawa.

Enivrez-vous

Le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge.Pour ce carré, j’ai essayé de représenter le dernier paragraphe du texte de Baudelaire que j’ai choisi à la fois parce que, le thème devant être l’art, je voulais que mon carré fasse référence à plus d’un seul art et parce que cela me permettait de rendre hommage à Henri Dutilleux.

Mais, évidemment une fois dessiné, ce qui n’était pas évident, comment rendre le vent en dessin [1] par exemple, il fallait l’adapter au tricot. Cela aurait pu être mieux, certes, par exemple l’étoile qui est un rien trop « britannique » et carrée. Mais bon.

Ci-dessous, le texte de Baudelaire, à vous de voir ce que vous en pensez, et, pourquoi pas, de faire votre propre adaptation.

Enivrez-vous

In Le Spleen de Paris (ou Petits poèmes en prose), Charles Baudelaire

Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.
Et si quelquefois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront : « Il est l’heure de s’enivrer ! Pour n’être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. »

Notes :

[1aussi compte tenu de mes capacités en dessin

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