Repriser des chaussettes

Parce que les chaussettes tricotées main le valent bien.

Article mis en ligne le 20 avril 2018

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Mon grand-père reprisait ses chaussettes. Quand elles l’étaient trop, elles finissaient comme chiffon dans le jardin et elles me fascinaient car il utilisait pour ce faire le fil qu’il avait sous la main, quelle qu’en soit la couleur. C’est une des raisons pour lesquelles je me suis mise au tricot de chaussettes, car il m’en fallait qui le méritassent. Il y a plusieurs façons différentes d’envisager ce travail, dans cet article, j’ai essayé d’en faire le tour.

 Matériel

Avant de commencer, il faut avoir tout sous la main. Les fournitures dépendent du type de réparation envisagée.

Il nous faudra donc :

  • du fil de reprise ou le fil qui a servi à tricoter la chaussette ou encore un autre fil à chaussette ; cela dépend aussi un peu du mode de réparation choisi ;
  • une aiguille à laine ;
  • un œuf à repriser, ou n’importe quel objet rigide aux formes arrondies, par exemple la forme du flacon et du couvercle de certains déodorants bille est tout à fait adaptée ;
  • aiguilles à tricoter.

Hormis quand on décide de retricoter toute la partie abîmée, il faudra procéder aux opérations de reprisage sur l’endroit du travail en glissant l’œuf à repriser dans la chaussette pour tendre le tricot et déborder assez largement de la zone afin de mieux renforcer le tout.

 Tissage simple

C’est ce que pratiquait mon grand-père.

On commence par « arrêter » les bords du trou avec quelques points de couture. Puis on passe des fils verticalement, les fils de trame, qui serviront de support aux fils de chaine que l’on passera ensuite alternativement dessus et dessous les fils de trame. Il vaut mieux déborder assez largement du trou pour que la réparation soit plus solide.

Reprise au point de toile
On passe des fils verticaux puis on tisse les fils horizontaux.

C’est facile, mais, évidemment, ce n’est pas invisible, même avec le même fil que celui qui a servi à tricoter les chaussettes.

 Reconstitution du tricot

Cette façon de procéder est préconisée par Thérèse de Dillmont dans son Encyclopédie des ouvrages de dames, page 253 de mon édition, page 205 de celle de la BNF Gallica.

On commence comme précédemment par arrêter les bords du trou. Puis on tend des fils horizontaux, encore une fois en dépassant assez largement. Et enfin, on reconstitue le tricot comme on le fait avec le remmaillage (ou grafting). C’est à peu près invisible si on prend le fil qui a servi à tricoter les chaussettes. Notez que Thérèse de Dillmont indique d’autres façons de faire que je n’ai pas testées.

Reprise au point de maille
On tire des fils horizontaux puis on refait les mailles en se servant des fils comme support.

Cela peut être difficile et compliqué quand les points sont complexes.

 Renfort du tricot et broderie

On peut, quand les mailles commencent à montrer des marques d’usure, passer du fil fin de reprise entre elles pour les renforcer. Ça peut être très discret. On peut aussi, comme avec ces chaussettes dont un trou, une fente en fait, était apparu pile poil à la jointure entre les points de jersey bleu-gris et les rangs au point mousse anthracite, commencer par rebroder quelques mailles de jersey au point de maille pour les renforcer puis rapprocher les deux bords ouverts, les coudre et rebroder, selon les points, ici j’ai fait un ou deux rangs de point de chainette sur les rangs de point mousse.

Talons usés
Ici, au premier plan, le talon a été recousu puis rebrodé. En arrière-plan il a été renforcé pour éviter un trou.

Ça se voit parce que j’en ai fait deux ou trois rangs et que le fil gris est différent de celui d’origine. Mais ça reste discret.

 Tricoter une pièce ou la partie malade

Cette dernière solution n’est pas toujours possible. Tricoter une pièce et la coudre dans ou sur la chaussette peut s’avérer délicat si on veut un résultat invisible, en outre, pour la pointe ou certaines formes de talon, ce n’est pas une très bonne idée. On peut, en revanche, découper la pointe et la retricoter sans problème, avec le fil d’origine ou un autre. On peut faire de même avec un talon en rangs raccourcis, plus difficilement avec un talon dit à l’allemande.

Je suggère dans tous les cas de commencer par passer les aiguilles dans les mailles puis de couper un peu au-dessus et, enfin, de détricoter jusqu’aux aiguilles. Ensuite on tricote le talon en rangs raccourcis, il faudra le fermer par une couture, et la pointe se fait tout-à-fait normalement.

Talon usé
Les mailles sont relevées sur les aiguilles, on peut maintenant retirer la partie à retricoter.

Pour terminer, quand on tricote des chaussettes « à l’italienne » avec la semelle et le haut séparés et réunis par une couture, on peut découdre la partie abîmée, généralement au niveau de la semelle et tout retricoter.

Pompes épiscopales
Avec ce système ou la semelle et le haut des chaussettes sont tricotées séparément, on découdre les deux parties pour refaire celle qui est trop usée.

Bonnes reprises !


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